Entretien avec Martin Jolicoeur

Jolicoeur(1)

 

« Au cours de votre carrière, vous avez eu plusieurs casquettes. Qu’est ce qui vous a amené à cela?

Avant d’être réalisateur, je me considère avant tout comme un communicateur. Et quand on désire communiquer une idée, un concept ou une histoire, tous les médiums sont pertinents. L’important est que la communication soit simple, efficace et qu’elle nous interpelle.

Quel est le médium avec lequel vous préférez travailler?

Je n’ai pas de préférence, je crois que chaque médium répond à des besoins différents, selon le client, le publique cible et l’objectif de communication souhaité.

Comment vous êtes vous retrouvé à faire du documentaire?

Je suis arrivé au documentaire par hasard, par une rencontre avec un producteur qui m’a offert un projet de série, j’ai dit oui, et hop j’étais séduit ! Pour un réalisateur, le documentaire est un arrêt obligé. Tôt ou tard, tu finis par faire du documentaire. C’est un médium avec une grande profondeur qui met le contenu éditorial au centre de la démarche.

Comment voyez vous le futur de votre métier?

Je crois que la multiplication des chaines télé ainsi que l’arrivée du Web suscite une fragmentation des audiences et par conséquence, des budgets. Ainsi, il va falloir rivalisé d’ingéniosité pour créer du contenu original et intéressant avec de moins en moins de moyen. La qualité du contenu deviendra davantage centrale, comme on dit : content is king ! Si un show est bien écrit et bien réalisé, il génèrera des bonnes audiences, qu’il soit à la télé ou sur le Web. C’est pour cette raison que je m’intéresse aussi à la conception de contenu télé.

Quel est votre processus de création? Vous pouvez nous donner un exemple.

Essentiellement le travail de réalisateur est un travail d’équipe. Le choix des collaborateurs est primordial pour moi.

Si le rôle du réalisateur est d’avoir la vision d’ensemble, je crois a un processus de création collégial ou réalisateur créer une «discussion créative» avec ses collaborateurs. Ainsi, tous y trouvent un espace créatif ou leurs talents peuvent s’exprimer.

Quel avenir pour les webséries? »
Les web séries sont a un point tournant, elles doivent trouver un modèle d’affaire qui leur permettent de survivre sinon elle disparaitront. Le plus grand problème actuellement est que le modèle d’affaire de la télé québécoise, lourdement subventionné, exclu le Web, qui n’est pas financé par les institutions publiques. Ainsi, mis à part quelques exceptions, le contenu local Québécois se résume souvent à des initiatives personnelles de jeunes réalisateurs et artistes qui financent eux-mêmes leurs projets. Cette situation est intenable à moyen/long terme et Il va falloir que les institutions s’adaptent à cette réalité et révisent les critères de financement public.

 

Entretien réalisé le 25 Mars 2014.